•   Bonjour,

     

      Je me nomme Romain, et je suis d'origine russe et française. Depuis des années, je cherche à monter un projet : un bus qui recueillerait les sans-abris, étant moi-même à la recherche d'un logement. Je suis boulanger de profession, et j'ai 24 ans. J'ai rencontré Nicolas Chelay, le fondateur de l'ACF, dans un cybercafé.

      Je lui ai expliqué que toutes mes démarches auprès de mairies pour récolter des subventions s'étaient soldées par des échec, si je n'étais pas mis dehors avec force.

      J'ai aidé Nicolas à remettre en marche l'ACF, avec l'aide de Brahim, mon ami. C'était une période de pauvreté, mais l'accès peu cher à des ordinateurs (le mien était cassé - Nicolas) nous a permis de lancer des recherches. Nous avons notamment trouvé un champ peu cher à Meaux, ainsi que des mobile-home d'occasion. Si l'occasion se présente, grâce à la BNP qui nous soutient, nous monterons une colonie là-bas accessible à tous ceux qui veulent un toit et de l'équipement pour vivre dans un confort au moins minimal.

      Nous avons voté, et participé avec tous les autres à trouver le terme "compagnons" pour désigner les confortistes, et nous avons voté à l'unanimité la motion qui détermine notre future collaboration ainsi : chacun aura sa maison, et son bout de terrain, puis nous vendrons notre production dans un entrepôt non loin de là, et nous partagerons à égalité, avec un argent de poche de 150 euros par mois pour les enfants, au cas où nous aurions à en accueillir. Nous acceptons également les animaux, s'ils ne sont pas dangereux Mon idée originale s'est commuée en des vacances entre confortistes, tous les mois ou tous les deux mois par exemple, dans toute la France, puis dans des pays étrangers.


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  •    Ami lecteur, pardonne-moi d'avance, je vais faire dans le pompeux aujourd'hui; pour bien percevoir de quoi nous parlons quand nous parlons d'Economie, voici un bref clin d'œil sur l'un de mes livres de chevet - le Harrap's Business Dictionary - 42 000 définitions ! Voici donc un peu de la lettre A :

      AA : Advertising Association - britannique, contrôle des intérêts des annonceurs à la télé

      ABC : activity-based costing - coûts multiplié par l'activité

      ABC1 : catégorie sociale britannique allant du cadre supérieur au cadre moyen

      abstract : résumé

      ACAS : Advisory Conciliation and Advice Service - organisme britannique indépendant d'arbitrage des conflits du travail

      accrual: accumulation

      ACH : automated clearing house - chambre de compensation automatisée

      acid test ratio : ratio de liquidité immédiate

      acquittal : décharge, quittance

      A-Day : nom donné par les britanniques au 6/04/2006, date de l'entrée en vigueur du nouveau système de retraites britanniques


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  •   Ami lecteur,

      Durant ces trois dernières années, contrairement aux trois précédentes, de nombreux compagnons confortistes ont répondu à l'appel. En comptant la Mission Evangélique Béthel, ma paroisse, et les 25 inscrits actuels sur la page "Taxons la finance" de Facebook, plus les signatures recueillies manuellement, c'est une centaine de personnes qui sont à présent intéressées par nos efforts. Nous sommes même, récemment, passé à la télévision !

      Je vais donc m'attacher, ici, à retranscrire les différentes (et parfois longues) contributions intellectuelles de nos membres. J'annonce également que nous avons trouvé un banquier de la BNP Paribas afin de financer nos futurs projets.

      Hauts les cœurs, donc, et vive le Confortisme !

     

      Nicolas.


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  •   Ami lecteur, Je reprends la parole après un temps de silence.

      L'Alliance Confortiste Française est en attente, par manque de moyens et de bonnes volontés. C'est très difficile de créer un parti - il faut de l'argent, du temps, et surtout une couverture médiatique... Ce n'est pas une raison pour baisser les bras, mais avant de vouloir ouvrir des entreprises solidaires, l'ACF s'est recentrée sur la question de la taxe de la finance déréglementée, qui pèse environ 720 000 000 000 000 de dollars !

      A l'heure où les Etats sont fortement endettés, ainsi que les citoyens, il est vain de vouloir encore pressurer les pauvres ! L'argent s'est concentré dans cette nouvelle économie, et il est temps d'en récupérer une partie, ou nous finirons étranglés par le capitalisme, esclaves de banques qui alignent, elles, des centaines de milliers de milliards de dollars !

      Nous avons donc ouvert un nouveau blog, http://aveccescentmillemilliardsdedollars.over-blog.com (ce qu'une taxe à 20% sur les produits financiers déréglementés rapporterait, environ) avec comme mot d'ordre de relancer la contestation mondiale de la finance.

      Nous voulons organiser une manifestation tous les dimanches devant la Bourse de Paris, jusqu'à ce que nous soyons entendus ! Il est temps de rééquilibrer l'économie !


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  • [Sans titre]

    Les lois relatives à la lutte contre les discriminations s’enchaînent, sans véritable résultat. Aujourd’hui, en France, les femmes sont généralement moins bien payées que les hommes ; et les discriminations sont telles qu’on conceptualise des CVs anonymes – inutiles, puisqu’ils sont suivis d’un entretien d’embauche.

    Nous proposons que le testing soit utilisé largement afin de repérer les politiques racistes, sexistes, etc… dans notre société, et que les coupables (les responsables de ces politiques) soient punis non pas par une amende comme aujourd’hui, mais par de la prison ferme. Il n’y a que cette solution pour décourager ces pratiques.

    Pourquoi ? Parce que les esclaves n’ont pas pu demander gentiment leur liberté. Les discriminations sont le pendant d’un restant d’esclavage, sexiste notamment, et doivent être combattues car elles désespèrent notre civilisation.


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  • Une maison économe en ressources naturelles, ultra rapide à fabriquer, consommant très peu d’énergie pour 800 euros,  tel est l’objectif un peu fou du projet Pinwheel House. Une maison sur roues un peu précaire conçue pour héberger des réfugiés mais qui pourrait être une solution à bien des problèmes de logement dans le monde.

    Une maison low cost pour réfugiés

    maison-1khouse-pinwheel-post-catastrophe

    Au départ l’idée, germée au (MIT (Massachusetts Institute of Technology), était d’offrir aux réfugiés de catastrophes naturelles une vraie maison ultra légère et rapide à mettre en place comme refuge. Mieux qu’un abri sommaire, et de quoi mettre fin aux camps de tentes qui s’éternisent, cette maison « en dur » est le prototype d’une maison révolutionnaire.

    Les caractéristiques de la maison à 800 euros

    Ce qu’on remarque, c’est bien sûr son prix exceptionnellement bas ! Ce prix a été rendu possible par le principe du kit d’éléments à assembler : pour monter la maison, on assemble des modules de 13 m² les uns avec les autres. Comme des Lego, ces blocs de base sont fixés à 90° les uns aux autres selon différentes combinaisons pour constituer les différentes pièces de la maison.

    image Maison réfugiés : fastcodesign

    Ces blocs de base sont réalisés avec des murs en briques creuses en terre, renforcés par des barres d’acier. La structure de la maison est couverte par un plafond en bambou et un toit ondulé.  Les poutres en bois des caissons résistent à un séisme de magnitude 8.

    La Pinwheel house est une maison qui a été pensée au départ comme un maison sur roues  destinée à accueillir des réfugiés. Un prototype a été installé en Chine, dans le Shihuan : très faciles à construire, les premières habitations de ce type, étudiées pour loger vite et de façon durable des familles chinoises ont été proposées au prix de 5925 dollars (4300 euros).

    Test réussi mais désormais le défi consiste à les construire à un encore plus faible coût : 1000 dollars, soit environ 800 euros.

    Un espoir pour les populations pauvres et fragilisées

    On ne sait pas si la maison à 1000 dollars résistera bien au vieillissement mais du fait de sa flexibilité et de son prix de revient si bas , ce prototype de maison révolutionnaire ouvre une nouvelle voie à la réflexion sur l’habitat low cost et l’accueil de réfugiés.


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  • Pour des discothèques dans toute la France

      Connaître les besoins du peuple : voici la base de l’activité politique, et de ce que nous essayons de faire. En rencontrant des personnes donc, et en parcourant la France, force est de constater que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne en matière de divertissement nocturne. De grandes villes, en banlieue parisienne, ne comptent pas même une boîte de nuit. La situation, en province, est souvent pire, et favorise encore l’exode rural.

      Les confortistes sont unis dans leur revendication d’une boîte de nuit pour tous, partout sur le territoire. Les municipalités doivent s’organiser afin de favoriser ou de monter des discothèques dans toute le France, afin que les jeunes et les moins jeunes puissent s’amuser ! Plusieurs arguments sont à considérer : premièrement, un aspect humain – il est injuste que certains de nos concitoyens ne puissent aller se rencontrer et danser le soir, alors qu’une demande existe ! Deuxièmement, les boîtes de nuit sont un aspect non-négligeable de l’économie et du tourisme. Il ne faut pas les sous-estimer ! Enfin, nous demandons que les autorités fassent tout leur possible pour que les discriminations à l’entrée des discothèques soient abolies, et que les boîtes puissent favoriser le lien et la cohésion sociales.


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  •  

    Une question d'hygiène

    GENEVE (AFP) -- Plus de 40% de l’humanité n’a pas accès à des toilettes convenables, ont dénoncé jeudi les Nations unies.

    « Chaque année, 15 millions de personnes meurent de maladies infectieuses », a rappelé l’assistant directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), David Heymann, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau. « Si nous avions de bonnes infrastructures d’eau et d’assainissement, nous pourrions réduire d’un seul coup ce chiffre de 2 millions, celui des enfants qui meurent des suites de diarrhées », a-t-il estimé devant la presse à Genève.

    La question des toilettes est restée négligée trop longtemps dans de nombreux pays, alors qu’elle est cruciale pour la santé publique: selon un récent sondage du British Medical Journal, quelque 11.000 professionnels de la santé ont estimé que l’assainissement était la plus importante avancée médicale obtenue depuis 1840, avant les vaccins et l’anesthésie.

    La diarrhée est la deuxième cause de décès chez l’enfant dans les pays en développement.

    Or, encore à notre époque, 41% de la population mondiale n’a pas accès à des toilettes « convenables » selon la définition de l’ONU, c’est-à-dire sans contact entre l’homme et les eaux usées.

    Outre la santé, l’absence de toilettes a des conséquences en matière de sécurité: femmes et enfants sont exposés au harcèlement ou aux agressions sexuelles s’ils doivent sortir de chez eux la nuit à la recherche d’un petit coin isolé.

    Conséquences aussi en matière d’éducation: lorsque dans les écoles garçons et filles partagent les mêmes sanitaires, ces dernières sont souvent obligées de mettre fin à leur scolarité une fois arrivées à la puberté.

    Des progrès ont été accomplis au cours des dernières années: entre 1990 et 2004, 1,2 milliard de gens ont pu accéder à un assainissement amélioré, mais près de 2,6 milliards d’humains n’ont toujours pas de toilettes chez eux.

    En 2015, ils devraient être encore 2,4 milliards, alors que l’objectif de développement du millénaire était de ramener ce chiffre à 1,8 milliard.

    L’éducation et la réponse aux souhaits des intéressés sur le terrain doivent être désormais à la base du travail des Etats, ont souligné les Nations unies.

    « Dans le monde entier, les gouvernements ont suivi de mauvaises approches », observe Jon Lane, directeur exécutif du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Par dirigisme, « ils ont construit des toilettes pour des gens qui n’en voulaient pas et les ont transformées en garages à vélos ou en étables ».

    Le débat sur la privatisation des services d’assainissement a également fait perdre beaucoup de temps, a-t-il estimé. « Les multinationales qui étaient censées investir dans le secteur des services publics ne viennent pas dans les pays en développement tout simplement parce qu’elles ont des impératifs de rentabilité », a souligné M. Lane.

    Au total, l’OMS a calculé que dépenser un dollar dans l’assainissement permet d’en récupérer 9,1 en moyenne. La flambée de choléra au Pérou en 1991 a ainsi coûté 800 millions de dollars, soit beaucoup plus que les sommes qui auraient suffi à améliorer l’assainissement des bidonvilles et éviter une telle épidémie.


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  • Substances toxiques dans nos veines


    Source : Le Canard Enchaîné

      Au printemps 2004, l’ONG écolo WWF voulait attirer l’attention sur toutes les cochonneries chimiques qu’à notre insu nous absorbons. L’opération Détox consistait a demandé à 39 députés européens de se laisser prélever quelques gouttes de sang au creux du bras. Bilan : une moyenne de 41 produits chimiques par député.

      Petits bouts de télévision (retardateurs de flammes bromés), parcelles de poêle antiadhésive (PFOA), miettes de tongs (phtalates) ou débris des cinq fruits et légumes par jour (pesticides) : on trouve de tout, chez les élus. Les retardateurs de flammes perturbent le développement du cerveau. Le PFOA est classé cancérigène probable aux Etats-Unis. Les phtalates sont toxiques pour la reproduction. Les pesticides sont soupçonnés des méfaits les plus divers [NDLR : Avec les additifs alimentaires...] allant du cancer à une baisse de la fertilité. Et puis il y a toutes ces autres molécules dont on ne sait presque rien. 

      Pour 99% des 100 000 substances chimiques mises sur le marché depuis un siècle, les données de toxicité sont « rudimentaires » -- ce qui est embêtant. [NDLR : Ce qui signifie qu'on connait à peu près que dalle sur 99% des trucs chimiques qu'on nous fait bouffer ou dont on nous environne...]

      Quatre ans après l’opération Détox, on commence tout juste à rectifier le tir. La réglementation européenne sur les produits chimiques (Reach) est en place depuis juin 2008. L’enjeu : rattraper ces décennies d’incurie et contraindre les industriels à répertorier et à tester leurs substances. Mais le processus s’échelonne jusqu’en 2018. En attendant, personne n’a la moindre idée du nombre de polluants que contiennent les Français.

      Pour en avoir le coeur net, on peut éventuellement demander un prélèvement sanguin à son médecin. Un taux de plomb ? facile. Prévoir une quinzaine d’euros. Sinon, autant se lever de bonne heure pour dégotter un laboratoire capable de mesurer les taux de polluants ordinairement très faibles. En France, la toxicologie est un secteur tellement désolé que les organismes de recherche publics doivent envoyer certains de leurs échantillons à l’étranger : les dosages de pesticides et de phtalates en Allemagne, ceux de mercure au Canada.

      Sans compter que les analyses, qui se font par familles de produits, coûtent un oeil. Prenons les PCB, dont sont truffés les poissons du Rhône et de la Seine. Comme ils sont 209, on mesure en moyenne 7 PCB indicateurs, plus les 12 PCB de type dioxine les plus indicatifs. 200 Euros le lot. Tant qu’on y est, prenez aussi les dioxines : elles ont le même genre d’effets. Entre 100 et 200 Euros. Ah… la Sécu ne rembourse que le plomb. Pas grave ! Personne ne sait vraiment à partir de quelle dose ces polluants peuvent poser problème…

      Et si les pouvoirs publics se préoccupaient de la composition réelle de notre sang, tout bonnement ? En Europe, plusieurs pays, y compris la petite République tchèque, possèdent des programmes de « biosurveillance ». Les Allemands, par exemple, ont ainsi pu constater que les trois quarts de leurs enfants avaient des taux de phtalate bien supérieurs aux seuils nocifs. Et on ne parle même pas des Etats-Unis, qui cherchent dans leur population la présence de pas moins de 148 polluants.

      La France, elle, est à la ramasse. Alors, quand le ministère de la Santé accueille, début novembre et en grande pompe, un colloque sur la biosurveillance, forcément, ça ricane un peu dans les travées. Singulièrement insensible à la problématique, la France n’a jamais été fichue de mettre en place une enquête de grande ampleur.

      Mais le flegme et la paperasse n’ont pas réussi à dissoudre toutes les bonnes volontés. De hardis chercheurs spécialisés dans divers domaines planchent depuis des années pour mettre en place l’une des plus importantes enquêtes au monde. L’Etude Longitudinale Française depuis l’Enfance (ELFE) a pour ambition de suivre 20 000 nouveaux-nés jusqu’à l’âge adulte. Des prélèvements devraient être faits chaque année, en commençant par le sang du cordon ombilical. Une occasion exceptionnelle de faire le lien entre l’exposition à des polluants environnementaux et l’apparition des maladies. Avec, notamment, cette question en arrière-fond : Dis, papa, comment on fait les cancers ?

      Cela vaut bien 26 millions d’euros pour les six premières années d’étude. Les ministères ont assuré le financement pour 2009; mais font mine de ne pas comprendre que l’étude ne peut pas démarrer s’il s’agit de mendier les crédits d’une année sur l’autre. Les 60 équipes de recherche sont suspendues à ces tergiversations bureaucratiques. [NDLR : Et un paquet d'industriels sans scrupules se frottent les mains]


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  • Des panneaux solaires en sable au Sahara

    Source : http://www.slate.fr/lien/32865/panneaux-solaires-electricite-sable-sahara

    Vous pensez encore que le Sahara n'est qu'une vaste étendue inutile de sable brûlant? C'est que vous n'avez pas autant d'imagination et d'éco-attitude que Hideomi Koinuma. Ce chercheur de l'université de Tokyo mène un projet d'installation de centrale photovoltaïque dans le plus grand désert du monde, en partenariat avec des universités algériennes, le «Sahara Solar Breeder Project».

    D'après DigInfo, ces panneaux devraient fournir «la solution absolue pour le plus gros problème de l'humanité au XXIe siècle –notre dépendance aux ressources énergétiques non-renouvelables». Rien que ça.

    L'idée du solaire dans le Sahara n'est pas nouvelle, mais là où le projet innove, c'est qu'il prévoit d'utiliser le sable pour fabriquer les panneaux. Concrètement, il s'agit de transformer le silicium (le deuxième élément le plus abondant sur terre après l'oxygène) en silice, de l'oxyde de silicium. Avec ce matériau, quelques premières centrales fabriqueront des panneaux photovoltaïques, qui fourniront assez d'électricité pour tourner et construire encore plus de centrales.

    A leur tour, les nouvelles centrales permettront de fabriquer encore plus de panneaux, et de construire ainsi encore plus d'usines afin d'implanter encore plus de panneaux, etc. Les centrales seront toutes reliées entre elles via des tuyaux réfrigérés afin d'acheminer l'électricité sur près de 500km.

    Cette vidéo de Dig Info explique exactement le processus:

    Le projet se donne pour but de fournir la moitié de la demande mondiale en électricité d'ici 2050, via des sources d'énergie renouvelables. Mais Ben Jervey explique sur Good que cet objectif est assez exagéré:
     

    «[Les responsables du projet] prévoient que ces centrales sahariennes produisent 100 gigawatts [par an], ce qui n'approche même pas de loin la moitié de la demande mondiale. Ceci dit, la production de ces panneaux solaires n'a rien de ridicule, puisqu'elle représenterait tout de même plus de 50 fois celle du barrage d'Assouan, qui approvisionne en énergie une bonne partie de l'Egypte.»

    Le bon côté, c'est qu'il y en a à revendre, du sable, au Sahara, et que les frais de transport seraient moindres. A terme, le projet ne devrait coûter «que» 1,1 million de dollars. Mais il s'agit d'un défi technique, puisque le processus de fabrication est très délicat, d'après Hideo Koinuma lui-même. Enfin, construire des usines au milieu du désert les expose à des tempêtes de sables, et autres soucis d'approvisionnement en eau.


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  • De l'énergie avec des algues ?

    Source : http://www.mobilite-durable.org/actualites/fil-infos/energies-renouvelables-et-transports-rouler-aux-algues.html

    Le pétrole de demain est peut-être en train de voir le jour. Le principe : convertir le CO2 en énergie grâce aux algues…

     

    Une équipe de chercheurs français et espagnols met actuellement au point une nouvelle génération de combustible, produit à base de CO2, de micro-algues, et de lumière du soleil.

    Le procédé exploite la photosynthèse, en reproduisant de façon accélérée le processus de formation du pétrole. Les algues, stockées dans de grands tubes exposés au soleil, sont alimentées par du CO2 puis filtrées, pour obtenir une biomasse (matière organique produisant de l’énergie par combustion).

    Le « Blue Pétroleum » ainsi obtenu est particulièrement dense et calorifique, et peut être utilisé comme un pétrole classique.

     

    Une solution miracle pour remplacer l’énergie fossile ?

     

    Bio Fuel Systems, qui pilote le projet, décrit ce nouveau combustible comme à la fois propre, inépuisable et économique, en un mot : durable.

    L’un des grands atouts de cette technologie est qu’elle repose sur l’absorption de la pollution industrielle. A terme, dans l’usine BFS,  quelques 450.000 tonnes de CO2 seront traitées chaque année, dont 200.000 tonnes qui seront définitivement éliminées.

    Le Bio Pétrole Bleu permet également de réduire les émissions liées au transport : pour chaque baril produit, la quantité de CO2 rejetée lors de la combustion est presque deux fois inférieure à celle d’un combustible classique.

    Bien-sûr, la commercialisation devra attendre quelque temps : la production industrielle de ce pétrole aux algues devrait prendre entre 5 et 10 ans.

     

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  • Participation de Marie-Thérèse Chelay

    Je m’appelle Marie-Thérèse Chelay. Depuis une vingtaine d’années, j’ai occupé le poste de gérante, successivement dans une agence de mannequins et dans une boutique de fête. Je livre ici mes réflexions sur les buts que doit suivre l’Alliance Confortiste Française.


    Je suis d’accord avec le mécanisme de blocage des prix en cas de politique d’augmentation des salaires, afin de juguler l’inflation. Cependant, je préconise qu’une augmentation de 20% des salaires soit compensée par une baisse de 10 points des charges patronales. De même, il faut éviter un effet de seuil qui ferait passer un travailleur dans une tranche supérieure de l’imposition – dans tous les cas, augmenter les salaires est une bonne chose.

     

    Je suis en faveur d’une marge minimale garantie aux producteurs, calculée sur le coût de revient d’un produit, afin que la distribution ne pressure pas les exploitants. Il n’est pas sain, à mon avis, de trop compter sur les subventions.

     

    La situation économique actuelle me semble bloquée : pas de travail, trop de chômeurs. Une reprise de la consommation permettrait de résoudre, pour une part, ces problèmes. Je suis également pour un interventionnisme économique, au moyen de grands travaux, et pourquoi pas de la reprise des ateliers nationaux.

     

    Le problème de la pauvreté, en France, devient très inquiétant. Je préconise plusieurs mesures : d’abord, il faut construire davantage de nouveaux logements et de places d’accueil pour les sans-domiciles. Surtout, il faut mettre en place un système qui permette à ces personnes de stocker leurs affaires. En complément, une « banque » multi-services qui permette de stocker de l’argent et de disposer d’une carte bancaire - un pass devenu nécessaire pour tout un chacun – et de déposer ses affaires, mais qui permette aussi un accès à Internet et au téléphone (pour des recherches d’emploi) me semble nécessaire. L’exemple des « Maisons des chômeurs », permettant le lien entre les demandeurs d’emploi, me parait être une bonne idée.

     

    D’autres problèmes devraient être pris en charge par les services sociaux, tel que le linge des personnes démunies. L’accès aux sanitaires est également crucial. Une distribution de papier toilette peut être envisagée ; à ce sujet, un appel au don de marchandises pourrait être un bon moyen d’en récupérer. La situation des SDFs est complexe, car certains ont choisi cette vie. Doit-on les forcer à réintégrer la société, et à être pris en charge ? En tout cas, la présence de personnes vivant dans la rue est un sujet grave. Je propose qu’on organise, pour eux, un service qui leur permette d’être utiles à la société pendant quelques heures par jour, par exemple dans le nettoyage, la cuisine, la couture, le jardinage ou la surveillance.

     

    Une solution de logement d’urgence pourrait être l’établissement de campings à l’année. Dans ce cadre, nous pourrions recycler des camping-cars usagés afin de les stabiliser.

     

    Qu’il s’agisse d’eux ou de personnes plus aisées, il faut éviter les frais bancaires et légiférer sur ce point. Les frais, dans sa propre banque, doivent être abolis, et diminués fortement d’une manière générale.

     

    Quant à l’ouverture des commerces le dimanche, je suis pour dans le domaine de l’alimentaire, mais il faut faire attention aux abus – travailleurs forcés de tenir leur poste. De même, l’ouverture d’épiceries la nuit me semble utile pour être dépanné, même s’il est logique de payer un surcoût.

     

    Je suis également favorable à l’utilisation de la publicité dans les transports, afin de faire baisser le prix du ticket. Je ne suis pas pour leur gratuité, qui amènerait à mon sens à des abus.

     


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  • Révolte en Grèce

    Le Parlement grec a voté dimanche en faveur du programme économique d'austérité permettant de déclencher un sauvetage financier du pays et son maintien immédiat dans la zone euro comme demandé par les créanciers du pays, selon un décompte des voix réalisé par l'AFP.

    Cent mille personnes ont au total manifesté dimanche (12/02/12) à Athènes (80.000) et à Salonique (20.000), la deuxième ville grecque, contre un nouveau programme d’austérité, a annoncé la police.

    Dans la capitale, six personnes ont été blessées, puis hospitalisées, au cours d’affrontements entre forces antiémeutes et des groupes de jeunes dans les rues adjacentes de la place Syntagma devant le parlement, selon une source du ministère de la Santé.

    Une dizaine de bâtiments vides étaient en flamme dimanche soir dans le centre d'Athènes, incendiés pour la plupart par des jets de cocktails molotov en marge des manifestations anti-austérité, ont indiqué les pompiers.


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  • La Banque du Peuple


    Source : http://fragments-diffusion.chez-alice.fr/banquedupeuple1.html

    Quand Pierre Joseph Proudhon (1809-1865) envisagea la réalisation de la Banque du peuple, il ne s’agissait pas dans son esprit d’une « simple réforme banquière », mais bien « d’un revirement complet, opéré par le changement de position, ou l’interversion des rapports entre les deux grandes forces du capital et du travail, interversion opérée sans arrêter le mouvement intérieur, (et ou tout devait changer) dans la philosophie, la religion, le monde, la politique, le droit par la réforme économique. (Carnet VII, le 28.10.1848).

    Il fit ainsi procéder l’acte constitutif de la Banque du peuple, « l’honneur de sa vie », comme il s’en expliqua dans « Le Peuple » du 15 avril 1849, son organe officiel, d’une déclaration solennelle commençant par un serment devant Dieu et devant les hommes, sur l’Evangile et la Constitution, et écrivit dans un texte présenté comme un testament :

    « Que si, après ce démenti de la raison générale et de l’expérience, je devais chercher un jour, par d’autres moyens, par des suggestions nouvelles, à agiter encore des esprits et entretenir de fausses espérances, j’appellerais sur moi, dès maintenant, le mépris des honnêtes gens et la malédiction du genre humain » (Œuvres, tome VI, éd. Lacroix)

    Cela dit, cette démesure utopique dans laquelle Pierre Joseph Proudhon s’impliquait totalement portait en elle de nombreuses prémonitions que ne peut expliquer le contexte historique ou même économique. C’est pourquoi il importe de saisir le cheminement intellectuel de ce visionnaire et le perpétuer, si nous voulons extirper le microbe absorbé par le corps social et permettre « au travail qui a toujours obéi, de commander ; et au capital, qui a toujours commandé, d’obéir. »

    Le projet de la Banque du peuple lui apparaît bientôt être l’instrument privilégié qui pourra inverser les rapports du capital et du travail « grâce au crédit mutuel et gratuit ».

     

    L’organisation du crédit

     

    Ce projet était déjà en substance dans les précédentes études de Proudhon sur l’organisation du crédit », dans l’ébauche de la « banque d’échange » qui le devança et dans sa « Proposition relative à un emprunt national et à la réunion de la Banque de France au Domaine public ».

    Il est intéressant de noter, dans le paragraphe II de sa « Proposition relative à un emprunt national et à la réunion de la Banque de France au Domaine public » dui 22 août 1846, sa première approche du problème de l’indépendance et de la nationalisation, nationalisation de la Banque de France qu’il ne faisait qu’anticiper avec un siècle d’avance, car ce point nous éclairera pour appréhender les controverses qui apparurent au sein même de la Banque du peuple par la suite. Cette proposition, paragraphe II, stipulait : 

    « - art. II : La Banque de France est déclarée d’utilité publique. Elle est réunie au domaine de la nation et fonctionne à son compte. Elle prend le titre de Banque nationale de France.

    - art. IV : L’administration de la Banque de France, réformée par l’Assemblée Nationale, est placée sous la surveillance de chacun des représentants du peuple, et de la chambre de commerce de Paris.

    - art. V : La Banque est indépendante du gouvernement central, et placée hors de son action. Aucun ministre ou fonctionnaire public ne peut faire partie ni du conseil d’administration de la Banque nationale, ni du conseil de surveillance ».

    L’intérêt principal de l’étude de la Banque de peuple pensait Pierre Haubtmann [1], c’est qu’elle se présente comme « une sorte de lieu géométrique de ses thèmes préférés. Les idées combinées de mutualité et de crédit gratuit, qui sous-tendent l’invention, étaient et demeurent valables. Enfin, sur le plan de la technique bancaire, il (Proudhon) se livrait à des anticipations remarquables ».

     

    La Banque du peuple, fiche d’identité.

     

    La Banque du peuple fut créé le 31 janvier 1849, son siège se trouvait au 25 rue du Faoubours Saint Denis à Paris, sa raison sociale en fut P.J Proudhon et compagnie. Proudhon en fut le directeur gérant. Les statuts comportaient 88 articles et furent rédigés par Proudhon et ses collaborateurs Jules Lechevallier (ex st-simonien  et fouriériste), Pierre Leroux, Vidal, Villegardelle, Préval, Guillemin et Mathev, ces deux derniers bisontins comme Proudhon. Sa liquidation fut annoncée dans un article du « Peuple » intitulé « Aux souscripteurs et adhérents de la Banque du peuple », le 12 avril 1849. Plus de sept semaines pendant lesquelles la confrontation des idées fondatrices « des intuitions sociologiques géniales », et de leurs tentatives d’application furent et restent d’une richesse pédagogique essentielle.

    La Banque du peuple s’articula autour de 3 principes qui, à l’époque, étaient révolutionnaires et révèlent les aspects prémonitoires de la pensée proudhonienne.

    - la gratuité du crédit : En fait, à la différence du modèle antérieurement conçu, la Banque d’échange, qui ne prélevait aucun intérêt mais des frais de commission et d’administration, la Banque du peuple demandait un intérêt de 2 % qu’elle espérait réduire à 0,25 %.

    - la suppression du numéraire : Si la Banque d’échange avait supprimé les encaisses métalliques mais émettait des bons de consommation contre espèces ou effets de commerce, la Banque du peuple émettait ses bons de consommation, payables à vue à « tous les sociétaires et adhérents en produits ou services de son industrie ou profession ».

    - la généralisation de la lettre de change : payable à vue contre des marchandises ou services actuels ou à venir.

    Proudhon avait deviné le développement que prendrait la monnaie scripturale et pensait que celle-ci libérerait les échanges de « la royauté de l’or », ce qui fut fait en 1914 dans des circonstances tragiques, et permettrait aux travailleurs de procéder à ces échanges sur un pied d’égalité et de réciprocité, ce qui reste à faire.

    A l’époque en effet, l’idée de « se passer de numéraire », c’est-à-dire de concevoir un billet de banque qui ne soit plus représentatif d’une certaines quantité de pièces, elles-mêmes échangeables contre un certain poids d’or, ne recevait pas l’assentiment des économistes, bien que déjà quelques hommes de métier en avaient soupçonné l’avenir, « dans une société où tout se règlerait par des virements de compte ». Pour autoriser cet affranchissement du billet de banque, considéré comme un bon de consommation, il fallait changer d’abord le principe même de la banque, et ceci grâce au crédit mutuel et gratuit.

     

    Contrat mutuelliste, ordre sériel, justice.

     

    L’approche du crédit mutuel et gratuit s’articule autour de deux principes, le contrat mutuelliste et un ordre sériel.

    Le contrat mutuelliste : Le principe mutuelliste dans le système dialectique des antinomies de P.J. Proudhon est la force qui répond à l’antinomie individu/société. Cette dialectique dont Proudhon revendiquait avec fierté la paternité a pour objectif d’assumer les contradictions sans s’y abandonner, et de trancher « avec la violence de l’épée, le conflit pascalien des « eux raisons contraires ». Proudhon en donne, entre autre, cette définition : « L’antinomie ne se résout pas ; là est le vice fondamental de toute la philosophie hégélienne. Les deux termes dont elle se compose se balancent, soit entre eux, soit avec d’autres termes antinomiques ( « De la justice dans la révolution et dans l’Eglise »)..

    Les termes antinomiques deviennent alors « la cause génératrice du mouvement, de la vie, du progrès : le problème consiste à trouver, non leur fusion qui serait la mort, mais leur équilibre, équilibre sans cesse instable, variable selon les développements mêmes des sociétés («  Correspondances XII »).

    Un ordre sériel : Il s’en suit la quête d’un « ordre sériel », emprunté à Charles Fourier, où l’on aperçoit « l’unité dans la multiplicité, la synthèse dans la division » à partir de séries antinomiques telles que l’ordre et le chaos, l’autorité et la liberté, l’individu et la société…par lequel doit s ‘épanouir « l’idée princesse, dualiste par sa formule, qui tient des deux raisons contraires pascaliennes, qui sans les annuler ni les opposer les transcende et les meut ». Cette idée princesse, Proudhon l’appelle la justice.

     

    Crédit mutuel et gratuit.

     

    La Banque du peuple, considérée comme prolongement du projet de banque d’échanges, précisait davantage l’intention de Proudhon de faire de cette banque « la propriété des citoyens ». Mais ici la Banque du peuple ne devait pas être la propriété de l’Etat, « ce monstre froid et anonyme », ni d’un quelconque cartel de propriétaires privés. L’idée de Proudhon résidait dans la diversification, la subdivision de la propriété, attribuée aux citoyens. C’est cette subdivision qui en accordant le droit d’user à chacun interdisait le droit d’abuser.

    Voilà ce qu’il en disait dans les « Confessions d’un révolutionnaire ». Pour interpréter correctement ce texte, il faut se souvenir que l’Etat était alors libéral et ne connaissait pas encore l’interventionnisme, le budget de l’Etat évoluait autour de 10 % du PIB, quant à la monnaie basée sur l’or, elle n’était pas inflationniste :

    « Par le principe de sa formation, la Banque du peuple n’était donc pas destinée à devenir une banque d’Etat ; l’Etat, sans compter qu’il ne peut donner crédit, attendu qu’il n’a ni valeurs, ni hypothèques, n’a pas qualité pour se faire banquier, pas plus que pour se faire industriel ou commerçant. Ce n’était pas davantage une banque fonctionnant au profit d’une société d’actionnaires, offrant au peuple des conditions plus ou moins avantageuses de crédit, mais opérant dans son intérêt propre, comme la société des cuisiniers et celle des tailleurs. Une société n’eût été, comme toutes les associations ouvrières actuellement existantes qu’une association de monopole. C’était rentrer dans le privilège, si populaire qu’il se fasse, et toujours la négation de l’équilibre, une chose anti sociale.

    La Banque du Peuple devait être la propriété de tous les citoyens qui en accepteraient les services, qui, dans ce but, la commanditeraient de leurs capitaux, s’ils jugeaient qu’une base métallique lui fût pour quelque temps encore indispensable ; qui, dans tous les cas, lui promettaient la préférence de leurs escomptes et recevaient en paiement ses reconnaissances. D’après cela, la Banque du peuple, fonctionnant au profit de ceux-là même qui formaient sa clientèle, n’avait ni intérêt à percevoir pour ses avances, ni commission à prendre pour ses escomptes, elle n’avait à prélever qu’une rétribution minime pour salaires et frais. Le crédit était donc GRATUIT ! Le principe réalisé, les conséquences se déroulaient à l’infini ».

    Cette idée de crédit gratuit était l’un de ses thèmes favoris. Dans le cahier III de ses « Correspondances » en date du 23 août 1839, on lit déjà : « Brochure à composer : « Qu’est-ce que la propriété ? C’est le vol… Lire l’ouvrage de Malthus. Venger l’Eglise des sarcasmes sur la doctrine du prêt à intérêt »

    Pour généreux qu’il fût, le principe ne se réalisa pas dans son intégralité car Proudhon, idéaliste, négligea la nature même de l’intérêt. Pour appréhender cet oubli, il convient de décomposer le fonctionnement de la Banque du peuple dans son texte historique.

    Nous sommes en 1849, à l’émission de toute monnaie nouvelle correspondait un échange, une vente d’or. La monnaie était toujours gagée sur son poids. Proudhon pressentait déjà que la possession d’or n’avait que de très lointains rapports avec les possibilités de production de la nation. De toutes parts, on se plaignait du manque de numéraire qui rendait impossible les transactions. Le Gouvernement prit alors plusieurs mesures pour pallier le manque de réserves d’or du pays : il tenta d’organiser lui-même l’escompte des effets refusés par les banques et donna cours forcé aux billets de banque (décrets du 10 mars 1848).

    L’idée de Proudhon était de libérer le billet de banque de cet assujettissement à l’or et de le convertir en une simple lettre de change, bon de consommation, échangeable en produits et services. Les possibilités de crédit devenaient alors aussi infinis que la production le permettait. Ceci peut apparaître aujourd’hui naturel, cependant à l’époque, la proposition était révolutionnaire puisque le billet de banque pouvait s’échanger contre de la monnaie-or, ce qui constitua jusqu’en 1914, une garantie de sécurité pour tous.

    De ce fait, la Banque du peuple pouvait fonctionner comme banque de dépôt et d’escompte, comme banque d’hypothèque et d’émission. Elle pouvait émettre une lettre de change, ou « Papier de la Banque du peuple » ou « Bon de circulation », délivrée à ses sociétaires et adhérents et payables à vue en produits et services.

    Il semble que Proudhon ait songé ici faire acheter directement par la Banque du peuple les marchandises offertes contre remise des bons de circulation puisque son « papier de crédit » représentait le produit quel qu’il soit. Ce procédé fut employé plus tard par la banque Mazel qui achetait elle-même les marchandises. Citons également la Banque Bonnard, jusqu’en 1910, qui mettait en relation les acheteurs et les vendeurs, et surtout, la Warenbank de Harxheim Zell, fondée en Allemagne, 1894-98, directement inspirée de la Banque du peuple.

    Pour répondre aux exigences de la législation en vigueur, la Banque du peuple devait avoir un capital monétaire de 5 millions, divisé en un million d’actions de 5 francs. Les coupons étaient de 50 centimes et il est des actionnaires qui n’auraient versé leur action qu’en dix mois (Le peuple du 15.04.1899). Cependant, en six semaines, le chiffre des adhésions à la Banque du peuple s’était élevé à près de 20.000 qui représentait, selon P.J. Proudhon, « une population d’au moins 60.000 personnes ».

    L’article 10 de la Banque du peuple précisait néanmoins que la Banque ne serait définitivement constituée que lorsque 10.000 actions auraient été souscrites soit 50.000 francs.

    En fait, Proudhon comptait également sur les bénéfices du journal « Le Peuple » pour lancer sa banque. Mais le journal fut frappé coup sur coup de 20.000 francs d’amendes pour des bénéfices de 8.000 francs au moment même où il ordonnait la fabrication du papier en circulation de la Banque du peuple.

    Deux mois après son lancement, en avril 1849, la Banque n’avait qu’un capital de 18.000 francs répartis en 3600 actions principalement chez les petits porteurs dont certains avaient cotisé « sou par sou ». Ce fut son orgueil, mais malgré ce succès populaire, parce que l’actif du journal « Le Peuple » s’était transformé en passif. Ce fut un échec.

     

    Analyse de la Banque du peuple.

     

    Quoiqu’il en soit, malgré les bonnes intentions, on ne voit pas comment la Banque du peuple aurait pu supprimer l’intérêt. Qui ne voit, écrit Haubtmann, « que la Banque du peuple, comme toutes les banques, pour éviter la faillite n’aurait prêté qu’aux riches ? Comme le remarque Menger, ce sont seulement les classes possédantes qui auraient vu leur puissance économique accrue ».

    Les statuts de la Banque du peuple précisaient que les bons de circulation pouvaient être émis contre espèces et bonnes valeurs de commerce dûment constatées. Quant aux avances, elles devaient être gagées sur des marchandises présentes ou « des productions futures » avec la garantie de deux cautions minimum.

    Dans ce cas de figure, il y avait création de bons de circulation ex-nihilo, ou si l’on préfère, sur anticipation d’un règlement futur. Le risque d’inflation existait donc. En soi, on s’aperçoit donc avec les spécialistes de la technique bancaire qui se sont penchés sur la question que le papier de la Banque du peuple n’est pas différent de notre actuel billet de banque, celui-ci n’est plus gagé sur l’or et peut être échangé contre des promesses à payer, ce en quoi il possède un don d’ubiquité, puisqu’il est déposé ici et prêté là-bas, et véhicule ainsi l’inflation.

    C’est à partir de ces données, qui sont les nôtres aujourd’hui, que Proudhon voulut tendre vers la gratuité du crédit. Au fond, écrit Haubtmann, « ce qu’il veut avant tout, c’est empêcher que le capitaliste prêteur spécule sur les besoins de l’emprunteur ; et faire en sorte que prêteur et emprunteur se considèrent et soient vraiment des « associés ». D‘où le sens de sa formule : « Créditer, sous le règne monarchique de l’or, c’est prêter – Créditer, sous le signe républicain du bon marché, c’est échanger » (L’organisation du crédit). Son intention était d’échanger – nous dirions escompter – les effets de commerce avec un intérêt de 2 %, « intérêt qui sera réduit peu à peu, au fur et à mesure des progrès de la société » mais qui ne pourra descendre au dessous de 0,25 % (article 35 des statuts) », comte tenu que la Banque du peuple prélèvera « une rétribution minime pour salaires et frais (Confessions d’un révolutionnaire) ».

    Pour autant, la suppression de l’intérêt ne fut pas possible car Proudhon mésestimait la valeur psychologique de l’intérêt et surtout ne différenciait pas l’échange comptant de l’échange à terme. En abolissant le métal, Proudhon ne tuait pas la source de l’intérêt.

    Dans ses notes, Haubtmann rappelle à ce sujet le commentaire de Charles Rist dans son « Histoire des doctrines économiques (éd. 1944) » :

    «  Si la banque réclame un escompte, c’est qu’elle fournit aujourd’hui, en une marchandise immédiatement échangeable, le prix d’une lettre de change réalisable dans quelques mois seulement ; c’est qu’elle donne une réalité en échange d’une promesse, une somme d’argent présente en échange d’une somme d’argent future (….) Quoi que fasse Proudhon, le payement à terme et le payement comptant sont et resteront deux opérations différentes, tant que la possession actuelle d’un bien sera jugée plus avantageuse que sa possession future. L’expérience du cours forcé l’a bien montré. La Banque de France n’a pas cessé de percevoir un escompte, à partir du jour où ses billets ont cessé d’être convertibles. La disparition du numéraire métallique n’a rien changé aux phénomènes de l’escompte ». L’intérêt est expliqué chez d’autres auteurs comme le coût du temps (Turgot), de l’impatience (Fisher) ou de l’attente (Marshall).

     

    De Pierre Joseph Proudhon à Silvio Gesell

     

    Peut-on aujourd’hui faire une lecture de cet échec ?

    Dans « L’ordre économique naturel » (4e éd. 1020), Silvio Gesell rend un vigoureux hommage à Proudhon et reconnaît que « parce qu’il advint à Proudhon de s’égarer en cours de route (avec ses banques de troc), on n’admit plus rien de sa doctrine. C’est la meilleure preuve qu’on ne l’avait pas compris. Une fois qu’on a bien reconnu la vérité d’une idée, on ne l’abandonne pas pour un échec ».

    La théorie de Gesell, la « monnaie franche » repose sur le fait que la monnaie est représentative des biens et des marchandises. Or, toutes les choses, biens, marchandises, services, sont périssables, nécessitent de l’entretien, craignent le vieillissement, l’usure et la dépréciation. Aussi leur valeur se déprécie avec le temps. Il imagine en conséquence une sorte d’intérêt négatif sur une monnaie qui perdrait comme les biens du capital physique de sa  lors, il n’y aurait plus lieu de demander un intérêt (positif) sur un prêt puisque ce prêt revient, en fait, à faire consommer immédiatement les biens et services dont il est représentatif par l’emprunteur. Dans cette logique, c’est l’emprunteur qui permet à l’épargnant de maintenir à sa valeur initiale son capital physique. Il n’y a donc pas lieu de réclamer un intérêt positif puisque le prêt permet à la valeur du capital physique de se maintenir et donc, en quelque sorte, d’économiser un intérêt négatif, c’est-à-dire une dépréciation de la valeur du capital.

    Cette théorie devrait entraîner une accélération de la vitesse de circulation de la monnaie, et par conséquent, un accroissement de la production.

    En effet, chez Gesell, la monnaie franche, pour combattre la pauvreté et le chômage , « la monnaie préserve le capital physique (maisons, usines) de tout accroissement », en ce sens qu’il est plus intéressant de posséder un capital monétaire qui produit un intérêt, une plus-value positive réelle, qu’un capital physique de même valeur qui, inversement, produit  naturellement une plus value négative (frais d’entretien, de garde, usure du bien capitalisé on intérêt négatif) qui peut venir annuler la plus value positive produite par le travail et l’accroissement de ce bien. Le capital monétaire s’accroît là où le capital physique régresse. Seuls, le travail et la production peuvent alors équilibrer ce rapport.

    A la différence de Karl Marx, Proudhon voyait que la suprématie des propriétaires (capitalistes) s’appuyait sur la monnaie, peu inflationniste au XIXe siècle, qui porte intérêt alors que les biens et les marchandises portent moins value si leur accroissement, donc le travail, est limité. A valeur égale à temps 0, le capital monétaire porte X intérêt  alors que le capital physique  se déprécie de Y % à temps 1. Sans travail, le différentiel capitalistique, à temps 1, est alors de X + Y % à l’avantage du capital monétaire. La moins value du capital physique renforce la plus value perçue par le capital monétaire. La production doit donc atteindre X + Y % pour équilibrer les revenus des deux capitaux. Gesell concluait alors : « Lorsque Proudhon eut compris que l’argent fait fonction de verrou, son mot d’ordre fut : « Combattons le privilège dont jouit l’argent, en élevant les marchandises et le travail au rang de numéraire ». Car lorsque deux privilèges s’affrontent, ils s’annulent réciproquement. Conférons aux marchandises le poids de l’argent comptant : les privilèges se balanceront ». C’est ainsi que là où Marx appelait à la paralysie de l’appareil productif, notamment par la grève, pour permettre au prolétariat de conquérir la plus value qui lui échappe, Proudhon appelait au travail, à l’accroissement de la production qui, seul, est en mesure d’abaisser le coût de l’intérêt monétaire  Alors que Marx voit dans l’organisation du prolétariat le remède pour affranchir les travailleurs de la suprématie capitaliste, la solution consistait chez Proudhon, à supprimer les obstacles qui s’opposent au complet développement de la capacité de production. Dans cet esprit, la Banque du peuple concevait un intérêt de départ de 2 % qui devait progressivement être abaissé à 0,25 % en fonction du progrès, c’est-à-dire, en fait, en fonction de l’accroissement de l’activité productive et de son organisation optimale. Proudhon avait d’ailleurs pendant un certain temps pensé évaluer la valeur des objets en fonction du temps de travail.

     

    L’intérêt est le verrou de la production

     

    Avec la Banque du peuple, il s’agissait « de rendre à la liberté ceux que l’argent tient sous sa dépendance, d’affranchir en un mot, les serfs de la glèbe ». Il s’agissait de subordonner le capital au travail « par le seul fait de l’inauguration du principe mutuelliste et de l’abolition du numéraire, les rapports du travail et du capital sont intervertis, les principes du commerce son renversés (Confessions d’un révolutionnaire) ».

    « Le privilège de l’or aboli, le privilège disparaît » croyait-il. Le fait est que les pénuries d’or entraînaient de sévères crises de chômage, notamment de 1873 à 1898, puis on découvrit des mines d’or et ce fut « la Belle époque »….. pour certains. Il faudra attendre un siècle cependant pour que Keynes formalise cette pensée et souligne les liens entre monnaie et production. Il n’en reste pas moins vrai qu’à l’exception de Proudhon et de quelques rares autres penseurs iconoclastes, conscients du rôle actif de la monnaie, la pensée unique du XIXe siècle développait le dogme de la neutralité monétaire.

    Cependant, en matière de circulation monétaire, l’apport proudhonien est double ; il réside d’une part, dans la découverte et la tentative d’application qu’il fit, avec la Banque du peuple, du principe selon lequel  Chaque marchandise engendre sa propre monnaie, et d’autre part, en démontrant que L’intérêt est le verrou de la production.

    Ces deux lois sont illustrées dans  « Le contrôle des changes en France » (1973) de L. G. Teyssier qui propose une explication du déséquilibre entre la monnaie et la marchandise :

    « Au XIXe siècle, deux roues tournaient l’une à côté de l’autre, la monnaie métallique et les marchandises. Elles n’avaient pas toujours la même circonférence, elles ne tournaient pas toujours à la même vitesse. Elles étaient dissymétriques. L’une apportait au public des moyens de paiement, l’autre des biens de consommation ; mais la proportion changeait fréquemment, il manquait des moyens de paiement lorsqu’il y avait abondance de marchandises, ou il manquait de marchandises quand il y avait abondance de moyens de paiement. »

    Aujourd’hui encore, continue-t-il, « on en est toujours au système des deux roues, la roue de la production, la roue de la monnaie de crédit. Et malgré tous les efforts, elles ne parviennent jamais à s’ajuster, d’où les crises. Or, environ 3000 entreprises représentent 80 % de la production industrielle française. Il leur serait facile de mobiliser la totalité de leurs stocks et de leurs créances en vertu du principe que « chaque marchandise sécrète sa propre monnaie ». Il faut cinq minutes pour situer le niveau de ce potentiel monétaire. Plus de paperasse pour la mobilisation ; ni effets, ni billets à ordre. L’examen de bilan suffit, et pour qu’on soit sûr de sa sincérité, il serait facile d’exiger que les chefs comptables soient assermentés. Des mesures analogues pourraient être appliquées aux grandes entreprises agricoles. Dès lors, le processus monétaire serait très simplifié. Le crédit monétaire serait sain et bon marché. Un intérêt de 3 % pour couvrir les frais bancaires de gestion suffirait ».

    Ce texte illustre à mon sens les possibilités actuelles d’application du principe d’équilibre entre la marchandise et la monnaie, tout en proposant une technique d’évaluation qui n’est pas sans rappeler « l’organe de statistiques nationales et de planification mis à la disposition des chambres professionnelles et territoriales, afin d’orienter et de coordonner l’action sociétale » chez Proudhon (Défense et Actualité de Proudhon, J. Langlois, P.B. Payot, 1976) que nous analyserons dans la deuxième partie de cette étude.

    Avec la Banque du peuple, P.J. Proudhon essaye également de mettre en œuvre le principe mutuelliste et d’ »équilibrer les deux forces antinomiques de l’échange ». Ce principe mutuelliste devait avoir pour conséquence : « de redistribuer les pouvoirs aux différents niveaux du corps social et d’arriver à un équilibre suffisant d’un pouvoir unique, finissant par stériliser toutes les activités sociales et par se surimposer, en l’aliénant, au coprs social (J. Langlois, op. cité) ».

    « Je crois être le premier », écrit Proudhon, « qui, avec une pleine intelligence du phénomène, ait osé soutenir que la Justice et l’Economie devaient, non pas se limiter l’un l’autre, se faire de vaines concessions, ce qui n’aboutirait qu’à une mutilation réciproque, et n’avancerait à rien, mais se pénétrer systématiquement, la première servant de loi à la seconde : qu’ainsi au lieu de restreindre les forces économiques dont l’exagération nous assassine, il fallait les balancer les unes par les autres, en vertu de ce principe, peu connu et encore moins compris, que les contraires doivent, non s’auto détruire, mais se composer, précisément parce qu’ils sont contraires (De la justice) ».

    Le principe mutuelliste devait s’appliquer en dehors du marché, c’est-à-dire en dehors des contraintes et des garanties que demande la confrontation de l’offre et de la demande, puisque « la Banque du peuple devait être la propriété de tous les citoyens qui en accepteraient les principes ; qui, dans ce but, la commanditeraient de leurs capitaux (…). Elle n’était donc point destinée à devenir une banque d’Etat (…) ni davantage une banque fonctionnant au profit d’une société d’actionnaires (Confessions d’un révolutionnaire) ».

    L’instauration du principe mutuelliste dans l’émission et la circulation monétaires ne suffisait cependant pas pour instaurer un mutuelliste de la production et de la consommation. L’organisation du crédit et l’échange mutuel qu’il entendait promouvoir ne pouvaient atteindre les « deux pôles de la vie sociale » que sont la production et la consommation, et de fait, ne s’attaqueraient pas aux causes premières du désordre économique. Cette lacune fut analysée dans le « Rapport de la Commission des délégués du Luxembourg et des corporations ouvrières. Elle fit l’objet de nombreuses interprétations.

     

    Janpier Dutrieux


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  • Source : Rue 89

    Le 115 du particulier, une bonne ou une mauvaise idée ?

     

    Cédric Lebert et Brann du Senon ne se connaissent pas. Le premier est un artiste peintre de 41 ans, qui vit dans une fermette près du Mans après avoir passé quinze ans entre squats et rue.

    Le second a 51 ans et vit « dans les bois, en caravane, avec pas grand-chose, du côté de Nemours » en Seine-et-Marne. Il a passé un an à la rue. Parfois, il lui arrive d'héberger des gens dans le besoin, dans la caravane située à côté de la sienne, « pour le coup de main ».

    Cédric et Brann se sont retrouvés il y a quatre jour autour d'une même interrogation :

    « Pourquoi n'y a-t-il pas de particuliers dans le fichier du 115 ? »

    Depuis le 4 février, alors que le 115 est saturé à cause du grand froid, ils échangent fiévreusement sur la page Facebook que Cédric a ouverte pour animer un groupe d'aide aux SDF, « le 115 du particulier ».

    Dans l'esprit de « Particulier à particulier »

    Brann insiste d'emblée :

    « L'idée n'est pas de se substituer aux associations qui existent, ni au 115. Ce qu'on veut, c'est donner un coup de main. Les places d'hébergement manquent, non ? »

    Philippe a passé vingt ans à la rue. Pour lui, le principe du 115 du particulier est bon.

    « On revient un peu à l'ancien temps, quand les gens ouvraient leur porte. Quand on est à la rue, parfois, se sentir accueilli fait beaucoup. C'est assez pour 
repartir. »

    Francis, 62 ans dont seize de rue, refuse toute place en hébergement :

    « Les centres, le 115 avec les types qui picolent ou te volent tes chaussures, je peux plus. »

    A ses yeux, le 115 du particulier est « une bonne idée ».

    « Mais il faut que je réfléchisse. Je me verrais pas appeler tout de suite. »

    « OK chien, si non agressif »

    Brann constate :

    « Il y a beaucoup de gens qui sont prêts à donner, qui peuvent accueillir et dépanner des gens à la rue mais qui ne savent pas comment faire. »

    Avec Cédric, il collecte dans une joyeuse anarchie les propositions qui affluent sur leur page Facebook. Dans l'Aisne, Béatrice propose trois chambres :

    « Mon souhait au départ était de 
recevoir des jeunes femmes seules ou avec enfants. »

    Un autre propose « une place sur Périgueux dans le camping-car d'un ami 
stationné dans un centre de mobile home sur Périgueux en Sud-Ouest... OK chien, si non agressif ».

    « Des petites choses à mettre bout à bout »

    « Aujourd'hui, on a plus de 40 offres d'hébergement pour une, deux ou trois personnes, ou des familles avec enfants », résume Brann.

    « Elles s'accompagnent d'une soupe, d'une douche. Il n'est pas du tout 
question d'argent. Chacun propose ce qu'il veut et laisse son contact sur Facebook ou passe par nous : pour certains, c'est du covoiturage, des fringues, des couvertures… On a un boulanger qui a du pain de la veille.

    C'est peut-être pas grand-chose mais ça sert. Le but est là : dénicher des petites choses et les mettre bout à bout. »

    Le 115 du particulier s'orchestre de manière informelle sur Facebook. Certaines offres peuvent très bien se passer de l'intermédiaire des deux administrateurs. « Sinon, on filtre. »

    « On est en train de créer un outil. Ça se fait au fur et à mesure », prévient Brann, conscient que les choses ne sont pas parfaites.

    « On réfléchit à l'histoire, à comment ça peut se faire. On a eu 900 personnes 
qui ont rejoint le groupe en quatre jours. C'est bien le signe qu'il y a d'autres gens qui ont envie de réfléchir à ça. »

    Concrètement, ils entendent « faire circuler les infos, collecter les offres, et les mettre à disposition des associations et des gens pointus sur le sujet. Après, si des particuliers se sentent d'accueillir des gens, ils peuvent ».

    Le premier accueil a eu lieu la nuit dernière, au sein d'une famille qui souhaite rester discrète :

    « Il s'agissait d'un homme qui avait été viré d'un local où il squattait. Il a un travail, mais pas de toit. Il a été hébergé. Ça s'est bien passé. »

     

    Qu'en pensent assos et travailleurs sociaux ?

    Contacté depuis lundi matin par téléphone, le 115 ne s'est pas encore exprimé sur l'initiative. Emmaüs non plus. En revanche, le jour même de la création du 115 du particulier, le collectif Morts de la rue réagissait sur sa page Facebook :

    « Je redis ici à la fois l'émerveillement devant une idée citoyenne, et la prudence 
qui est de mise. Cette action surfe sur la sensibilité au grand froid. C'est toute l'année qu'il s'agit de tisser du lien, dans la durée. »

    Christophe Louis, des Enfants du canal, s'avoue « très sceptique » :

    « Ce sont des bonnes initiatives en soi mais il y a quand même du danger.

    Chacun est libre de faire ce qu'il veut. Je connais des gens qui vivent au 
quotidien avec les personnes de la rue et ça se passe très bien. Le tout est de bien établir les règles de vie et d'intervention. »

    Il pointe du doigt la limite du geste compassionnel :

    « La générosité va s'arrêter à un moment donné. Comment dire à une personne : 
“Maintenant, je ne t'accueille plus ? Tu retournes à la rue.” Au bout d'un moment, le geste compassionnel s'arrête. Et on le voit bien : aux périodes de vacances ou aux beaux jours, tout retombe comme un soufflet. »

    Christophe Louis évoque « des cas de bénévoles qui accueillaient des gens chez eux et qui nous appelaient au secours après » :

    « Il y a des personnes qui sont en situation difficile, ça ne se gère pas comme ça 
au quotidien. Il faut avoir un savoir-faire et une certaine connaissance pour ne pas s'enfermer dans des choses qui soient dangereuses pour les deux personnes. »

    Des problèmes mentaux, d'addiction...

    Les travailleurs sociaux évoquent aussi le « danger », « l'inconscience » qui peuvent accompagner une telle initiative. Selon l'enquête Samenta, un tiers des sans-abri franciliens souffrent de troubles psychotiques, ou présentent au moins une addiction à l'alcool, à une drogue ou à un médicament.

    Brann s'emporte :

    « Des organismes nous critiquent. Je me suis engueulé hier avec un travailleur 
social d'Emmaüs. Ils disent que la plupart des gens à la rue sont des psychotiques qui ont des problèmes de maladies mentales ou d'alcool. Mais la plupart des gens à la rue ont juste des problèmes d'argent. Ils n'arrivent pas à payer leur loyer et dorment dans des bagnoles. »

    Brann réfléchit :

    « Est-ce qu'il faudra culpabiliser et tout arrêter parce qu'un type pourrait mal se 
comporter avec une famille ? »

    « Moi, je veux voir si ça marche », tranche Cédric, qui vient d'être contacté par une grosse association pour envisager un soutien logistique.

    Dans la bouche de Brann, une question revient, obsessionnelle :

    « Des gens crèvent de froid. Qu'est-ce qu'on fait ? »

    « Si chacun écrit à son maire... »

    Pour Christophe Louis, la réponse reste politique :

    « Il faut plutôt se battre pour que les gens aient un chez soi digne et correct, que 
d'essayer de pallier de cette manière-là au manque de volonté de l'Etat.

    Tant qu'il n'y aura pas une prise de conscience générale, rien ne bougera. 
En revanche, si chacun écrit à son maire et à son député en disant qu'il n'accepte pas qu'une ville comme la sienne n'applique pas les quotas de logements sociaux de la loi SRU et laisse les gens à la rue, là, on obtiendra quelque chose.

    Je prends toujours l'exemple des radars : quand il a été question d'enlever les 
avertisseurs de radars, il y a eu des tôlés. Des courriers ont été envoyés à tous les députés par des automobilistes qui disaient : “ Je ne tolère pas ça et vous n'aurez pas ma voix.”

    Ces gens ont fait changer la loi. Je crois vraiment que si on veut changer le problème des sans-abri, il faut que ça devienne une question prioritaire des citoyens pour que le politique s'en empare complètement. »

    Brann acquiesce. Il ajoute :

    « Mais en attendant, qu'est-ce qu'on fait ? »

    Il insiste sur la modestie de la démarche du 115 du particulier :

    « Nous, on parle juste de mettre les gens à l'abri. »

    Brann refuse de faire de la politique, mais rumine la promesse faite par Nicolas Sarkozy en 2006 :

    « Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans, plus 
personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir. »

    Le 115, « une belle fumisterie »

    Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement estime à 133 000 le nombre de personnes sans domicile fixe en France, et à 685 000 le nombre de personnes privées de domicile personnel (accueillies en résidences sociales, vivant dans des abris de fortunes ou en chambres d'hôtels).

    En octobre 2010, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu affirmait que « l'objectif de zéro demande de mise à l'abri par manque de place serait en vigueur pendant toutes les périodes de grand froid ».

    Christophe Louis s'indigne :

    « On nous dit qu'il y a zéro DNP [demande non pourvue, ndlr] au 115, mais je l'ai constaté 
encore hier, en maraude : on demande aux gens d'appeler et de rappeler sans cesse. C'est une belle fumisterie. »

    « Beaucoup de gens appellent sans obtenir de permanencier », poursuit un responsable d'accueil.

    « Si la ligne est occupée, quelle demande vous recevez ? »

    Dans son accueil de jour, Yvette a des échanges quotidiens avec le 115 :

    « Une permanencière me confiait récemment qu'ils avaient 300 signalements par 
jour à Paris. Ils ne peuvent pas trouver 300 places comme ça… Et ça n'est pas considéré comme des demandes non pourvues. »

    En juillet dernier, Xavier Emmanuelli démissionnait du Samu social et confiait à Charlie Hebdo :

    « Le budget alloué au Samu social (financé à 92% par l'Etat) a été ramené à 
90 millions d'euros cette année contre 110 millions en 2010. [...] Beaucoup de personnes risquent de se retrouver sur le carreau, alors que la situation de l'hébergement d'urgence en Ile-de-France est dramatique : à Paris, chaque soir, 150 à 200 personnes ou familles appelant le 115, le numéro d'urgence du Samu social, ne se voient pas proposer de solution à leur problème faute de places disponibles. »

    La gaffe de Nora Berra

    Comme l'asso Toit à moi ou Action froid, créée ce 2 février sur Facebook pour organiser des maraudes de citoyens, le 115 du particulier met le doigt sur une tendance générale.

    Le désengagement de l'Etat, les coupes budgétaires et la dégradation de conditions de vie à la rue sont de plus en plus amortis par les réseaux de solidarité privés.

    Dernièrement, Benoist Apparu demandait aux préfets de région de garantir des hébergements d'urgence 24 heures sur 24.

    « On s'est réjoui », commente-t-on dans un accueil 
de jour parisien.

    « Mais c'était un effet d'annonce. Nos sans-abri, à 8 heures, ils sont toujours dehors. »

    « Alors qu'est-ce qu'on fait ? » martèle Brann.

    Amer, il évoque la gaffe de Nora Berra, ce 6 février. La secrétaire d'Etat chargée de la Santé a donné sur son blog ses « recommandations face au froid » et exhorté les personnes sans-abri à « éviter de sortir de chez eux ». (Le terme « sans-abri » a depuis été retiré du blog.)

    Cette nuit, il fait - 10° C. Francis dort au deuxième sous-sol d'un immeuble parisien.

    « Va falloir que je sorte. Avec le froid, ça m'ennuie, mais il faut que je mange chaud. J'ai du pain et du lait mais rien pour le faire chauffer. »


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  • NDLR : L'ACF ne soutient pas ces politiques d'austérité, qui freinent la demande et donc la relance par la consommation. Privatiser à tout-va n'est pas la solution ! D'ailleurs, ce n'est pas fait pour en être une, c'est juste une histoire de gros sous...

    La Grèce se serre encore la ceinture

    Athènes serre encore la vis pour éviter la faillite. Les trois leaders de la coalition au pouvoir, le socialiste Georges Papandreou, le conservateur Antonis Samaras et le dirigeant d'extrême droite Georges Karatzaferis, ont trouvé jeudi un accord de dernière minute pour valider un deuxième plan d'austérité, condition nécessaire pour obtenir un prêt de 130 milliards d'euros de ses créanciers, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Cette rallonge, après les 110 milliards d'euros obtenus en mai dernier, est indispensable pour éviter au pays un défaut de paiement le 20 mars prochain.

    Baisses drastiques de salaire
    Le détail des mesures n'est pas encore validé, mais des fuites dans les médias évoquent une baisse de 22% du salaire minimum ou du salaire de base de chaque branche professionnelle, ainsi qu'une baisse de 32% du salaire des moins de 25 ans. L'objectif affiché est de baisser de 15% le coût du travail. Quinze mille emplois publics devraient aussi être supprimés rapidement.

    "Nous ne concluerons pas ce soir"
    Pa sûr que ce plan de rigueur suffise à convaincre les ministres des Finances de la zone Euro qui entament leur réunion à Bruxelles. "J'ai tendance à croire que nous ne conclurons pas ce soir", indique  le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui renvoie la décision à la semaine prochaine. "Il faut en faire plus", réclame un porte parole du FMI, Gerry Rice.

    Deux jours de grève générale
    Les syndicats grecs, eux, n'attendent pas pour protester. Ils ont appelé à une grève générale de quarante-huit heures aujourd'hui et demain contre des mesures qui "vont être le tombeau de la société grecque".


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  • Foire à l'autogestion


    Appel public pour une Foire à l'autogestion

    La crise économique et financière qui ébranle le monde est aussi une crise de civilisation, face à laquelle les réponses habituelles, néolibérales comme étatistes, sont impuissantes. L'autogestion peut constituer une alternative. Elle sera au centre d'un événement festif et populaire en juin 2012 : la Foire à l'autogestion.


    Phénomène planétaire, l'autogestion s'inscrit dans la longue tradition historique des coopératives et des « récupérations d'entreprises », de la Commune de Paris au Printemps de Prague, de la Révolution espagnole à la Pologne d'août 1980, de Lip à l'Argentinazo en 2001. Elle apparaît dans les luttes récentes à Philips-Dreux, à Fralib et à SeaFrance. Elle imprègne également les pratiques alternatives, de la réappropriation collective de l'habitat au lien direct avec les paysans et les producteurs.


    Ces différentes expériences partagent un horizon commun : décider collectivement des affaires communes, sans déléguer à des dirigeants, aussi bien sur le plan économique que politique. Reprendre en main la production, c'est aussi pouvoir transformer ses modalités et ses finalités. Ancrée dans des pratiques concrètes, portée comme un projet global, l’autogestion est ainsi une réponse possible à la faillite du système capitaliste et étatiste.
    La Foire à l'autogestion sera le point de rencontre de toute une galaxie de collectifs, d’associations, d’entreprises, de coopératives, d’organisations syndicales et politiques qui cherchent à faire vivre l'idée d'autogestion. L’événement aura lieu le week-end du 23-24 juin 2012 à Montreuil (93), sur le site de la Parole errante, avec des stands, des espaces de débat retransmis à la radio, des projections de films, un concert, un village du livre, un espace enfants, des ateliers pratiques…


    Pour rendre concret ce projet, un comité d'organisation se met en place. Nous invitons toutes les personnes, organisations, syndicats, associations, entreprises, coopératives, etc. revendiquant et pratiquant l'autogestion à s’y associer.

    Signataires à la date du 01 février 2012

    Coopératives : scierie coopérative Ambiance Bois (Creuse) ; boulangerie coopérative La Conquête du pain (Montreuil) ; Scop de bâtiment Inventerre (Toulouse) ; Epicerie coopérative Bulles de vie (Fontenay-sous-Bois) ; restaurant associatif La Rôtisserie (Paris 10e) ; imprimerie associative Le Ravin bleu (Combs-la-Ville) ; imprimerie coopérative Expressions II (Paris 11e) ; coopérative Imprimerie 34 (Toulouse) ; société coopérative de production culturelle La Parole errante (Montreuil), épicerie coopérative L’Indépendante (Paris 18e) ; École des métiers de l’information-CFD (Paris 10e) ; coopérative de communication La Navette (Creuse), filature coopérative Ardelaine (Ardèche) ;  …
    Structures syndicales : union syndicale Solidaires ; Sundep-Paris ; fédération SUD-Éducation ; fédération SUD-Etudiant ; union Solidaires-Industrie ; SUD-Culture ; fédération SUD-Rail ; tendance intersyndicale Émancipation ; fédération CNT-Éducation ; CNT-Santé-social RP; fédération SUD-PTT ;…
    Associations : Association pour l’autogestion ; Editions Syllepse ; Festival des résistances et des alternatives à Paris ; association Relocalisons ; collectif de diffusion cinématographique Pico y Pala (Paris) ; lieu d’accueil Le Roucous (Aveyron) ; association de quartier la Commune libre d’Aligre (Paris 12e) ; atelier autogéré Cyclofficine (Ivry-sur-Seine) ; Observatoire des pratiques de développement local (Ardèche) ; café associatif La Milonga (Fontenay-sous-Bois) ; Bibliothèque autogérée Antigone (Grenoble) ; journal Article 11 ; site web Autogestion.coop ; Consomm’Solidaire (Paris 13e) ; ICEM-Pédagogie Freinet ; Ecobox (Ile-de-France) ; …
    Structures politiques : Alternative libertaire ; Alternatifs ; Fédération anarchiste ; Fédération pour une alternative sociale et écologique, Parti pour la décroissance ; Mouvement des objecteurs de croissance ; Scalp-Réflex ; Chiche-Paname ; OLS ; …

     
    Information et contact sur: www.foire-autogestion.org


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