• Pour de nouvelles prisons

    Pour de nouvelles prisons

                Au jour du premier novembre 2011, 64711 personnes étaient détenues dans nos prisons comptant 57268 places disponibles. Soit un taux d’occupation de 112,9%. 10237 aménagements de peine (semi-liberté, placement à l’extérieur, liberté conditionnelle…) ont, par ailleurs, été prononcé. Des aménagements en hausse constante ces dernières années. Une méthode compréhensible…

                En effet, la France a déjà été épinglée de nombreuses fois par Amnesty International, entre autres ONG, en matière de gestion de son univers carcéral. Elle figure d’ailleurs parmi les plus mauvais élèves de l’Union Européenne. Et, tandis que les grèves de personnel pénitentiaire s’enchaînent, dénonçant une « situation explosive », nous serions bien mal avisés de détourner le regard sur le problème de la surpopulation dans nos prisons.

                Avant de hurler avec les loups, cependant, notons que le 17 janvier 2012 a été votée à l’Assemblée Nationale une loi visant à créer 24397 nouvelles places en cinq ans. D’un point de vue strictement logique et mathématique, l’Alliance Confortiste Française soutient ce geste, qui fera peut-être retomber un peu la pression en milieu carcéral. Toutefois, une réflexion plus large mérite d’être menée.

                Distinguons plusieurs problèmes : d’abord, l’effet externe de la surpopulation pénitentiaire. Les places manquent. Que demande-t-on aux juges, alors ? Réponse on-ne-peut-plus logique : on leur demande de prononcer de plus courtes peines. C’est ainsi que des agresseurs, et même des violeurs, n’écopent plus de prison ferme, mais de sursis et d’amendes. Oui, des violeurs ! Nous en sommes là ! Et lorsqu’est prononcé une peine d’enfermement, parfois après de nombreux délits punis par du sursis, quelles sont les peines ? 6 mois, un an, deux ans dans de nombreux cas. Loin de vouloir défendre un point de vue réactionnaire, force est de constater qu’avec les réductions de peine, cette politique rate l’objectif de l’emprisonnement : décourager une récidive. Ce sont toujours les mêmes qui défilent dans les tribunaux, avec des casiers longs comme le bras alors qu’ils sont à peine majeurs. L’ACF, sur ce sujet, se place au niveau des citoyens honnêtes et dégoûtés : en premier lieu, les agressions sexuelles doivent systématiquement être punies par de l’enfermement ou un traitement psychiatrique ; deuxièmement, il vaut mieux être sévère une fois que laxiste dix fois. Les crimes et les délits violents doivent être lourdement sanctionnés… et, ainsi, de nouvelles places de prison doivent impérativement être construites.

                Afin de faire bonne mesure, il faudrait également que les élites de ce pays puissent faire l’objet de telles dispositions. Plus clairement : ces places seront aussi destinées aux politiciens corrompus !

                Deuxième problème, et non des moindres : l’effet interne de la surpopulation. Outre le surmenage et le danger croissant  auquel les surveillants sont exposés, la situation des prisonniers peut s’avérer très grave. Nous défendons une politique simple : des cellules individuelles, type studio aménagé. Aujourd’hui, on assiste à des situations où 3, 4 détenus doivent partager un espace d’une dizaine de mètres carrés. Dans un milieu où l’on estime qu’environ un tiers des prisonniers sont atteints de troubles psychiatriques (mais les places en HP manquent également ! Quelle horreur !), on peut facilement imaginer ce qui peut arriver. Passer des années aux côtés de pervers sexuels, de brutes, de schizophrènes, se passe de commentaires.

                Pour nous, la prison est faite pour faire réfléchir à ses actes. Une cellule individuelle y convient parfaitement. Même si les peines alternatives existent, pour les courtes peines, pensons d’abord aux cas les plus graves. Il est vital de considérer leur dangerosité, d’abord, mais surtout de ne JAMAIS se départir d’humanité. Diverses études le prouvent : la réinsertion du détenu est facilitée par de bonnes conditions de détention. Le contraire mène à la folie, aux troubles du comportement, à la rancune envers l’autorité. Le modèle idéal, à notre sens, étant le modèle nordique : en particulier pour les jeunes délinquants, de petites structures dans lesquelles les prisonniers ne sont pas livrés à l’oisiveté, mais apprennent un métier, sont largement encadrés, et disposent d’une cellule individuelle. Les taux de récidive, là-bas, y sont très faibles. Nous demandons aux pouvoirs publics de réfléchir aux qualités de ce modèle, et encourageons tout ce qui pourra faire baisser la surpopulation carcérale.


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