• Les systèmes de sécurité contre le vol et les agressions

    Extrait de la section "Idées issues de la démocratie participative" du blog JRDF, par Nicolas Chelay.

    Les systèmes de sécurité contre le vol et les agressions

      J’aimerais ici aborder un sujet sensible, et pourtant plutôt simple dans le rapport du citoyen et de l’Etat face à la sécurité et à la protection contre le vol et le cambriolage par exemple, et évoquer des moyens parfois très concrets de les appuyer.

       L’actuel gouvernement, en matière de sécurité, se targue d’une baisse des cambriolages, qui est surtout enregistrable sur la période 2002-2004… le journal Libération a par exemple mis en parallèle ces chiffres avec ceux, quasiment identiques, des autres pays européens. Quid de cette coïncidence ?

      Ce même journal évoque une théorie plausible, et presque officiellement reconnue : les systèmes de sécurité, et de protection des biens sont devenus de plus en plus performants, avec de nombreuses compagnies européennes qui ont relayé des technologies et des réseaux de gardiennage privés bien plus efficaces, notamment de 2002 à 2004.

       Si l’on pouvait aborder ce sujet de la sécurité et de protection des biens de chaque citoyen, sous un angle technique, on pourrait accorder que parfois, une bonne partie de la solution aux problèmes se trouve simplement dans la technologie -- et que l’éthique d’une politique se fonde aussi sur les moyens offerts à chacun pour y accéder. Mais qui peut accéder à ces nouveaux moyens de protection ? Il n’y a pas de service équivalent dans notre République, hormis tous les services de police, de gendarmerie, d’armée, mais on peut objecter que les taux d’élucidation des cambriolages sont très faibles en France. D’autre part, les services privés offerts par les banques, sont-ils un système équitable ? 

      Il reste donc la solution d’empêcher ces cambriolages, d’une manière étatique, et des systèmes de protection. Les riches ayant les moyens de se les permettre, investissent dans des caméras, des portails, des chiens de garde, des réseaux de vigiles ; dans une cité de banlieue, un appartement peut être fracturé avec une simple feuille radio pliée en deux. Le citoyen lambda porte plainte, la police daigne (ou non) venir faire une expertise, et après ? Il faut s’en remettre à la police scientifique ou plutôt il FAUDRAIT car les moyens pour retrouver un objet volé varient d’un citoyen à quelqu’un « d’important ». 

      L’Etat a son rôle à jouer dans ce gouffre démocratique et humain qui expose davantage au vol ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leur protection intégralement, au moins grâce à des moyens concrets MAIS il ne faut pas perdre de vue que le vol, s’il ne peut plus être commis dans des appartements, aura tendance à se diriger davantage sur des victimes prises dans la rue… A ce sujet, la concentration absurde des caméras de surveillance (généralement, au moins dans de nombreuses villes de droite) dans les centre-ville, pour surveiller les commerces, et pas dans les zones sensibles, pourrait a contrario, si elle était réellement pensée pour protéger les citoyens des agressions et non seulement les banques, prévenir ce phénomène de transfert des cibles. 

      On sait également depuis la première bande de bandits de grands chemins qui se soit constituée, que le vol s’attaque fréquemment à tous les axes de communication. Ce qui concerne autant les automobilistes ou les cyclomotoristes que les usagers des transports en commun, les passants, les clients des restaurants ou les voyageurs dans les gares, les étrangers dans les lieux touristiques… 

      Il s’agirait donc pour l’Etat de financer ou de passer commande (afin de globaliser et de réduire les coûts) dans des systèmes d’alarmes qui seraient, par exemple, reliés à un service spécial lui-même relié aux différentes polices françaises. Concrètement, un boîtier transmetteur relié au téléphone, deux capteurs, quelques télécommandes constituent une bonne base à offrir à tous les citoyens souhaitant vivre en sécurité dans leur appartement. Attention ! Il ne s’agit pas d’offrir des armes mais de faire qu’un acte d’intrusion soit immédiatement signalé à la Police, et éventuellement déclenche une alarme sonore. 

      Quelle est la situation actuelle de ces systèmes de surveillance ? Ils sont vendus par des banques ou par des sociétés privées (qui ne sont cependant pas directement responsables de cet état de fait et sont souvent compétentes). La lutte contre le vol, qu’on le veuille ou non, reviendra toujours à se demander s’il ne faudrait pas créer une milice pour veiller, en permanence, sur les biens. C’est une préoccupation importante car la droite a tendance à s’en saisir pour promettre des policiers qu’elle n’envoie pas. 

      La technologie, ainsi qu’une bonne coordination entre nos nombreux et souvent estimables services publics et nos réseaux de de surveillance et de protection -- même parfois privés -- au moins pour lutter contre les agressions et les vols, sont des alternatives modernes à cette vieille conception du « garde » qui se change souvent en pratique en « mercenaire ». Grâce au téléphone, et à des moyens investis dans des services de coordination et de retransmission des informations, les confortistes pourront lutter contre l’un des plus féroces ennemis du peuple : le crime.

      Il y a de très nombreuses familles qui ne sont pas assurées, notamment dans les HLMs. Les bandes de cambrioleurs sont difficiles à retrouver, car elles ont mis à leur profit leurs connaissances des défaillances de nos différents services de maintien de l’ordre, notamment le fait que les informations aient du mal à être relayées d’une ville sur l’autre. Ils agissent donc rarement sur leur propre « territoire », et vont piller dans le département voisin par exemple. Puis changent à nouveau de département, etc… 

      La question de la sécurité, et même de la justice dans le cas où il faut retrouver quelque chose qui a été perdu, ou découvrir la vérité après un meurtre ou un enlèvement, a encore une fois une dimension politique : Il y a ceux qui comptent sur les cabinets de détectives privés pour orchestrer (ou parfois révéler) les guerres économiques, vols de brevets, etc… et, bien loin de tout ça, les préoccupations de millions de citoyens qui pleurent lorsqu’on leur a volé leur voiture ou qu’on a pris quelque chose chez eux.

      Ces questions ne sont pas si différentes fondamentalement, mais les conditions concrètes et économiques font qu’elles ont des répercussions plus graves encore par exemple dans des « foyers de misère » qui n’ont pas été suffisamment bien développés, d’un point de vue égalitaire, et qui font que ces zones, contrairement à ce qu’on peut penser de prime abord, sont souvent plus « victimes » que productrices de crime en elle-même; un viol en banlieue, dans une allée sombre, à trois heures du matin, est-il si différent d’une tentative ratée en plein jour, dans un lieu public ?

      Dans le premier cas, on pourra s’attacher à la personnalité du criminel, révéler qu’il a ou non des troubles psychiques, envisager son châtiment, mais il ne faut peut-être pas perdre de vue que dans l’équation de ce crime, il y a le fait que le service de protection policière, dans les banlieues, est mal assuré et trop orienté sur la défense des grosses entreprises et possessions privées, que certains services ne sont plus actifs à trois heures du matin, qu’il y a des défauts dans l’éclairage public et les plans d’urbanisme, et dans la disposition des caméras de surveillance. 

      Au fond, tout cela n’est pas très surprenant, car la question de la possession et de la protection de celle-ci a toujours été le noeud de la politique, et la source de nombreux traumatismes.


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