• L'évidence

    Extrait du manuel "Introduction au Confortisme", par Nicolas Chelay.

    L'évidence

    VI. L'EVIDENCE

     

             L'Histoire du 20e siècle nous fournit, encore, de la matière et plus particulièrement un cas de figure tristement célèbre : je veux parler du parti national-socialiste allemand. S'il fut un redoutable adversaire des idées démocratiques, on lui accordera que son extrémisme permet au moins un sujet de conversation : Peut-on catégoriser les êtres humains, et les traiter comme des marchandises ? En effet, deux théories, pas forcément contradictoires, peuvent expliquer les déportations et les exactions diverses des nazis. La première est idéologique : Hitler détestait les juifs, les homosexuels, les gitans, les opposants politiques, etc. La seconde est plus pragmatique : Qui allait défendre ces gens ? Qui empêcherait leur dépossession, leur exploitation, et même leur mort ? Ainsi, bien que se proclamant socialiste, on peut voir chez les nazis le spectre du capitalisme, dans son aspect le plus dénué de pitié, celui qui hier se fondait sur la déportation des Noirs d'Afrique, sur l'invasion de l'Asie, des Amériques et de l'Océanie; Celui qui proclame : "Main d'oeuvre gratuite".

             Les nazis sont conspués unanimement, et pourtant, la plupart de nos sociétés traitent encore inégalement la moitié de leur population - je veux bien sûr parler des femmes. Il serait donc ignoble de déporter une "race", mais passable de maltraiter un sexe. Les patrons seraient-ils misogynes, ainsi que les nazis étaient prétendument l'ennemi des juifs, ou appâtés par le gain ? La mentalité de ceux qui, avant-hier encore, faisaient travailler des enfants dans les mines, pour presque rien, et qui, hier, ont envoyé mourir des "indigènes" ou des descendants d'esclaves dans des guerres, sans leur donner de citoyenneté, sans même les payer parfois, cette mentalité n'a pas disparu; elle a simplement troqué une victime pour une autre. S'il ne s'agit ni des esclaves, ni des anciens esclaves, ni des colonisés, ni des néo-colonisés, ni des enfants, ni des femmes, il s'agira des personnes âgées - qui devront compléter leur retraite, des jeunes - qui troquent souvent leur indépendance financière contre des années de travail ingrat, au détriment de leurs études, ou des immigrés en situation irrégulière - bien pratiques en période d'élections, et travaillant dans n'importe quelles conditions.

             La défense des travailleurs est donc globale, puisque chacun peut se retrouver catégorisé - voir les interdictions de circuler communistes en URSS - et se retrouver, seul bien que nombreux dans ce cas-là, dépossédé de tout ou une partie de ses chances. Comment y procéder ? Par l'application volontaire et constante dans les structures amies, et par le combat des structures ennemies. La méthode des amendes est inefficace : de rares procès s'y soldent par un peu d'argent dépensé par le patron, qui conserve son poste et, souvent, ses méthodes. Il faut punir réellement, par de la prison ferme. Pourquoi ? Parce que les esclaves noirs, aux Etats-Unis, n'ont pas pu demander gentiment qu'on les affranchisse : ils ont du faire la guerre. Certains intérêts s'opposent; c'est à la loi de trancher, sur la base de l'égalité de tous. Ces peines dissuaderont les "misogynes" comme les "racistes".

    Voilà le nerf du Confortisme, la défense des droits de l'individu, afin que les camps de concentration d'hier ne deviennent aujourd'hui des cages invisibles.


    Nicolas Chelay.

     


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