• Contre les partenariats public-privé actuels

    Contre les partenariats public-privé actuels

     

      Je transmets ici un article sur les PPP, du Canard Enchaîné, qui résume tout-à-fait le bien que je pense de ces pratiques. Si l’idée mérite d’être creusé, peut-être, les pouvoirs publics devraient d’abord apprendre à négocier de bons prix, pour l’intérêt du public :

      En voilà une belle idée pour planquer la dette ! Depuis 2008, le père la rigueur Sarko a mis le turbo sur les chantiers public-privé : des facs, des prisons ou des hôpitaux sont payés, non par l’Etat, mais par un poids lourd du BTP, auquel l’Etat verse ensuite un loyer. « Une bombe à retardement » qui coûtera « 60 milliards d’euros d’ici à 2020 », estime « Le Parisien » (9/1). La palme du plus beau fiasco revient au nouvel hôpital Sud-Francilien de Corbeil-Essonnes : un monstre de 1000 lits et 20 blocs opératoires construit avec une rare dextérité par Eiffage. Comme « Le Canard » l’a déjà raconté (16/3), ce champion a trouvé le moyen de livrer un service de néonatologie sans biberonnerie, des meubles en agglo – véritables lits à microbes – dans un service de réanimation ou des plafonniers branlants au-dessus des tables d’opération. Un audit a relevé 8000 malfaçons ! Du coup, l’hôpital, livré depuis un an, n’a toujours pas vu l’ombre d’un patient. Mais l’Etat paye déjà son énorme loyer : 40 millions par an ! La chambre régionale des comptes a fait le calcul : sur trente ans, l’Etat versera 1,2 milliards de loyer à Eiffage. Alors que s’il l’avait payé lui-même en empruntant à 4,5%, l’hosto lui aurait coûté 757 millions.

      Au zoo de Vincennes, note « Le Parisien », le loyer atteint aussi des niveaux « himalayens » : le Museum d’histoire naturelle allongera 12 millions pendant vingt-cinq ans, soit là encore, à l’arrivée, deux fois le coût du chantier… Quant au « Balardgone », le Pentagone à la française, il est évalué à « 745 millions », hors maintenance. Mais l’Etat versera 3,5 milliards de loyer au veinard qui a remporté cette martingale, un certain groupe Bouygues.

      Depuis quatre ans, la Cour des comptes en a des suées : un peu trop facile, quand les caisses sont vides, de refiler le bébé au privé. En février 2008, premier rapport au lance-flammes : le rabat-joie Philippe Séguin dézingue une « myopie coûteuse ». Mais Sarko oublie de chausser ses lunettes. Sept jours après l’alerte de la Cour, il annonce une belle loi de « stimulation des partenariats public-privé » pour muscler son plan de relance. Voilà la recette miracle déclinée à toutes les sauces. Pour un pont sur la Garonne, des éclairages publics, un collège dans le Loiret, la fac Paris-Diderot, le grand stade de Lille… La moitié des places de prison sont déjà construites – et gérées – par le secteur privé. Une « solution de facilité » avec un « fort risque budgétaire » à la clef, soupirait encore la Cour des comptes en octobre.

       Et un plan en béton pour les champions de BTP : contrairement à un bête marché public classique, ces chantiers ne sont pas saucissonnés en plusieurs lots. A la trappe, les petites boîtes ! Les géants Bouygues, Eiffage ou Vinci se partagent en famille tout le gâteau…


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